BRF – Retour d’expérience.


BRF : Que se cache-t-il derrière ces trois lettres ?

L’an dernier, nous avons testé une technique pour la pousse de graines de tomate. Rappelez-vous le nombre de pieds de tomate récoltés. Toutefois, un problème de taille est venu se poser : Mais où allons-nous pouvoir repiquer nos plants ?

Petit rappel sur la composition des sols de notre jardin : SABLE + SABLE = DUR DUR.

Et oui, quand on habite sur le littoral, près des garennes, on ne peut pas s’attendre à avoir de la bonne terre. De plus, une bonne partie du fond de notre terrain a été recouvert par une bonne couche d’une dizaine de centimètres de cailloux pour éviter de devoir faire un entretien régulier. Si on se rappelle qu’il y a eu un glissement de terrain à cet endroit nous amenant plusieurs tonnes de sable de dune se mélangeant aux cailloux, on ne peut pas s’attendre à des miracles si on replante quoique ce soit sans un minimum de préparation. Mais, à part se faire livrer de la terre de jardin, comment réaliser un potager dans ces conditions ?

Le compost est bien rentré dans les mœurs. Toute la famille s’y met depuis plusieurs années maintenant et nous disposons d’un bon tas de matériaux fertiles. Mais étendre du compost dans des cailloux, ce n’est pas le top, non ?

Les restes de taille des arbres et autres végétaux prennent beaucoup de place dans le fond du jardin. Il faut beaucoup de temps et de bonnes conditions pour les composter. Les emmener à la déchetterie distante de 8km est plutôt problématique car nous ne disposons pas de remorque. Dans notre village, point de ramassage de déchets verts. Non pas par souci écologique (gros mot chez nos édiles) mais par de soi disant obligations économiques.

Si on résume, nous avons : de la place, du compost, des rameaux et autres végétaux et bien sûr, de l’eau. Après quelques recherches sur internet, le choix est fait : ce sera du B.R.F.

Bois Raméaux Fragmentés

Ce procédé, simple sur le papier, est en fait la reproduction de ce qu’il se fait dans la nature. Définition du procédé : « Apport organique pour le sol composé de branches fraîchement broyées et répandues rapidement au sol. Les Bois Raméaux Fragmentés (dits BRF) permettent de cultiver sans labour, sans engrais et sans eau (ou très peu) des végétaux alimentaires ou non. Les BRF sont considérés comme des aggradants (on parle alors d’aggradation à l’inverse de dégradation) et présentent donc un matériau de premier choix pour restaurer les sols épuisés. »

Bref, si comme chez nous, vous avez un morceau de terrain quasi-stérile, il semble aisé d’y créer un potager. Aisé ? Si on fait abstraction du PH, de la pédogenèse, des MOF, humines, acides fulviques, hymato-mélaniques ou créniques, bref, de tout ce charabia scientifique, oui, c’est facile à mettre en œuvre. Un article très détaillé sur le processus de fabrication d’humus par le BRF est accessible sur le site du « père ma graine« ; il est remarquable. D’autres informations intéressantes sont à retrouver sur le blog du jardinier bio.

Allons-y ! Tout d’abords, il faut choisir l’endroit où réaliser notre expérience et le délimiter. Après avoir retiré les cailloux et le sable, on arrive sur un sol constitué d’un mélange terro-sableux avec quelques gravats d’anciennes constructions en prime. On a délimité l’emplacement avec d’anciennes lisses PVC qui servaient de clôture. Pas très écolo, j’en conviens mais après tout, c’est un geste de tri, non ? J’ai laissé la « terre » telle quelle sans la bêcher. De toute façon, comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, je n’y serais jamais arrivé tant le sol est plein de cochonneries. J’ai laissé le terrain en l’état un bon mois avant de passer à l’étape suivante.

Le BRF utilise de préférence de jeunes rameaux. Ça tombe bien, il faut que je taille les pommiers et autres aulnes, érables et frênes. Il ne faut normalement pas prendre de bois mort mais honnêtement, à moins d’avoir une forêt à tailler, on peut prendre pas mal de bois surtout, si comme moi, vous avez 15m² à couvrir. Dès la taille effectuée, il faut passer au broyage. Plus il est fin, mieux c’est. Grâce à l’aide précieuse d’une broyeuse (merci Caro), le résultat est plutôt pas mal, en plus rapide et sans trop d’efforts. Place maintenant à l’étalement…

Pour éviter que tout ne dégage au premier coup de vent, je pose sur le dessus un vieux grillage de carreleur et je laisse le tout reposer……6 mois. Après cette longue période sans intervention de ma part, le résultat est impressionnant. Le bois fragmenté en surface semble être resté intact mais dès que l’on fouille un peu…Cloportes, mille-pattes, vers de terre, champignons, ça fourmille de vie. Le bois est littéralement décomposé. Je pose sur le dessus du BRF plusieurs brouettes de compost que je laisse encore reposer 1 mois avant de retourner le tout en ce début de mois d’avril. Je dispose une serre tunnel sur mon emplacement et j’y plante mes premières salades, radis et autres tomates. Regardez-moi ce sol bien noir.

Je suis agréablement surpris par la rétention d’eau du BRF. J’arrose modérément et le sol reste humide toute la journée malgré les très fortes chaleurs rencontrées à la mi-avril. La même photo prise le 7 mai : ça pousse !

En ce 11 mai 2018, date de parution de cet article, nous avons dégusté nos premières laitues et croqué nos premiers radis. Vivement les tomates !

Allez : A vous de vous y mettre !

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s