Carnet rose 2016.


CARNET ROSE1titre1

Après un hiver plutôt doux, nous avons eu le droit à un printemps très humide et un début d’été en demi teinte. La végétation, notamment les fleurs, a eu beaucoup de mal à se développer, hormis bien sûr, certaines herbacées non désirées si vous voyez ce que l’on veut dire. En ce mois d’août, les insectes et les papillons commencent seulement à vraiment prendre possession du jardin. Et il était grand temps !

Le spectacle de ce printemps était principalement …. dans les arbres et buissons. En effet, plusieurs couples d’oiseaux ont choisi d’y nicher avec plus ou moins de succès. Équipé d’un appareil photo et d’un caméscope, voici un florilège des espèces observées.

Sous titre poule d'eau

 

 

 

Cet oiseau, également appelé Gallinule, est très facilement reconnaissable avec sa robe noire et blanche. Un couple de poules d’eau a élu domicile dans le quartier et il s’y plait plutôt. Au mois d’avril, un premier nid a été construit tout prêt du bassin à poissons rouges. L’endroit se voulait stratégique. En effet, il n’y a pas que les poissons qui raffolent des granulés de nourriture. De plus, les bébés n’auront qu’un pas à faire pour atteindre l’eau. Sept œufs y seront couvés. Un premier va rapidement se retrouver dans l’eau et seuls cinq poussins ont vu le jour début mai. Malheureusement, la mortalité juvénile est très importante chez ce rallidé. Un poussin s’est très vite noyé, le rebord du bassin étant plus haut que le niveau de l’eau. A bien y regarder, l’endroit choisi n’est pas si idyllique qu’il n’y parait. En effet, Gilbert les a très vite trouvé mais sans jamais réussir à les croquer. Fort de cette expérience ratée (2 poussins survivront sur les 7 possibles), notre couple de volatile a repris ses quartiers de l’an dernier : l’ile artificielle au milieu de l’étang. Là, au moins, les matous seront hors de portée. jeune poule d'eauEn parlant de portée, une deuxième nichée de 8 œufs suivie d’une troisième également de 8 œufs porte le score à 23 œufs pondus. Nous sommes début août et vous pouvez nous croire : il y a du PEUPLE dans le jardin. La poule d’eau mérite amplement la première place du palmarès du carnet rose 2016.

dossier poule d'eau

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sous titre accenteur mouchet

 

 

 

Ce petit oiseau d’une quinzaine de centimètre est assez familier. accenteur mouchetOn peut facilement l’observer près des mangeoires en hiver mais attention : on le confond aisément avec le moineau domestique. Différence discrète mais notable, l’accenteur mouchet possède une tête de teinte gris bleuté. Début avril, les allées et venues d’un couple d’accenteur près du buis a attiré notre attention. C’est sûr, il prépare un nid. Brindilles, mousses et herbes sèches sont transportées et positionnées méticuleusement à l’intérieur des branchages du buis. Mais pourquoi le placer là ?

oeufs accenteurEn fait, il s’agit de cacher le nid parce que les œufs de cet oiseau sont particulièrement visibles. En effet, ils sont de couleur turquoise vif. Les prédateurs les repéreraient trop facilement s’ils n’étaient pas cachés. Cette année, quatre œufs ont été pondus. Après 14 jours d’incubation, les jeunes bébé accenteur mouchetseront très rapidement hors du nid à la recherche de leurs premières proies à déguster. L’accenteur mouchet fera l’objet d’un futur article dès que nous auront suffisamment de nouveaux éléments à mettre en valeur.

accenteur amenant la becquetéecoucou

dossier accenteursous titre merle

 

 

 

Avec sa robe noire et son bec jaune orangé, il ne passe pas facilement inaperçu. On le merle noirvoit régulièrement dans la pelouse à l’affût du moindre mouvement qui trahirait la présence d’un ver de terre. Un couple a tenté d’installer son nilucetted dans les feuilles naissantes du pommier avant qu’un chat blanc, non pas Gilbert mais un autre que nous appellerons Lucette (allez savoir pourquoi !), ne déloge tout notre petit monde. Ce n’est que partie remise. Nous ne l’avions pas remarqué mais les thuyas abritait également un nid de merles noirs. C’est l’insistance de Lucette à tourner autour qui nous a mis la puce à l’oreille.

bébés merlesFait de grosses brindilles tressées à la façon d’un panier d’osier, le nid est rempli de mousse et d’herbes sèches. Il y a même un bout de plastique qui a servi de fond. Notez que c’est la merlette qui construit le nid avec les matériaux amenés par le mâle. merlette dans son nidLes œufs y sont couvés par la mère pendant environ deux semaines. Elle est restée là, bien sagement, nous défiant du regard lorsque l’on s’approche un peu trop près. Nous ne l’avons pas vu souvent hors de son nid, la plupart du temps c’est en s’enfuyant en poussant de grands cris perçants.

bébés merles 2Les jeunes sont dits « nidicoles », c’est à dire qu’ils naissent avec peu de duvet, avec les yeux fermés ou ouverts, qu’ils sont incapables de quitter le nid, et qu’ils doivent être nourris par leurs parents jusqu’au premier vol. merleLes deux parents les nourrissent pendant plus d’une dizaine de jours. Pour reconnaitre le mâle de la femelle, c’est assez simple. Monsieur est tout noir alors que Madame est plus brun clair. On a vu les jeunes ensuite encore plusieurs jours dans le jardin à la quête de nourriture.

sous titre grive

 

 

 

Un couple de grive a décidé de nicher en haut d’un frêne à l’intersection de deux branches. grive 4D’habitude, nous les voyons nicher un peu plus bas. Bien mal leur en aura pris ! La grive musicienne, on l’appelle comme ça parce que le mâle chante à tue-tête pour attirer sa femelle, a un plumage à dominance brune. Le poitrail est plus clair avec de petites marques en formes de V. Pour la petite histoire, la grive draine a elle des taches en forme de cœur sur le poitrail.

En temps normal, Madame Grive, Monsieur étant trop occupé à chanter, réalise un nid solidement ossu. nidC’est une grosse coupe imposante, faite de paille et d’herbes sèches, unis par de la boue. Il est tapissé intérieurement de mousses et de brins d’herbes collés avec de la salive. Dans le nid de l’année dernière, on peut voir le travail remarquable réalisé. Cette année a dérogé à la règle. Est-ce la première nidification du couple ou est-ce le mauvais temps de printemps arrosé qui ont fragilisé la structure ? Quoi qu’il en soit, une semaine après l’éclosion, le nid s’est effondré, faisant tombé à terre les quatre poussins. grive 7L’un d’eux s’est rapidement noyé dans l’étang. Les trois autres ont survécu à la chute et Madame Grive les a alimenté encore pendant plusieurs jours. Nous l’avons entendu crier dès que Gilbert ou Lucette s’approchaient de sa progéniture. Elle a même courageusement mis en fuite un faucon crécerelle intrigué par les petits cris des poussins.

Nous pensons qu’au moins un petit a survécu car nous avons observégrive 3 un adulte casser la coquille d’un escargot sur une pierre avant d’en donner le contenu à un petit. Ils se sont envolés tous les deux en nous voyant approcher. Parce que la grive musicienne ne recule pas devant le danger, elle mérite bien le titre de « La plus téméraire ».

dossier grive

 

mésanges vs

C’est maintenant une habitude. Comme tous les ans, des couples de mésanges prennent leurs quartiers dans des nichoirs en bois. Il y en a quelques uns disséminés sur le terrain. Nous les avons placé de préférence en hauteur contre un tronc d’arbre ou une cabane en bois. mésange bleue avec chardonneretAfin d’éviter les sempiternelles bagarres entre paridés, nous avons laissé plus de distances entre les nids que les autres années. La mésange charbonnière a la fâcheuse tendance à attendre que sa compère bleutée finisse son nid pour venir la lui piquer, quitte à en découdre à grands coups de bec. mésange bleueUn petit truc simple : on écarte les nichoirs et on diminue le diamètre d’entrée de l’un d’entre eux. nid de mésangeEn effet, la charbonnière étant un peu plus grosse que sa cousine, elle ne pourra pas entrer si le trou est trop petit pour elle. Ø28mm contre 32mm et l’affaire est réglée. Le nid des mésanges ressemble à un matelas de mousse de 8 à 10cm d’épaisseur. La mésange bleue est infatigable parce qu’elle doit refaire son nid quand un autre volatile l’a délogé mais également lorsqu’il faut nourrir ses petits. Notez que la mésange charbonnière n’est pas en reste. Les deux couples font des allées et venues sans arrêter du lever aumésange charbonnière coucher du soleil. C’est incroyable le nombre d’insectes et de chenilles avalés par ces petits morfales. Nous en profitons pour rappeler qu’il ne faut jamais traiter son jardin avec des insecticides ou autres produits chimiques et aussi qu’il faut arrêter le nourrissage des oiseaux dès le début du printemps. Ben oui ! Si les oiseaux sont occupés dans les mangeoires, ils ne sont pas à la recherche d’insectes. Et on fait quoi avec les vers qui détruisent les poireaux ?

dossier mesange charbonnière dossier mésange bleue

 

 

 

sous titre tourterelle

On en voit de plus en plus dans nos jardins au point où elle commence à être considérée comme envahissante. Ce bel emplumé à la couleur gris clair n’est vraiment pas farouche. tourterellestourterelle avec chardonneretOn la voit régulièrement posée sur le banc près du bassin. Son vol est très spécifique : elle décolle presqu’à la verticale avant de se laisser planer jusqu’à sa destination finale. Elle semble être une adepte du moindre effort. Il en est de même pour la construction de son nid. Plutôt que de parler de construction, nous devrions préférer dire « empilement ». En effet, son nid n’est fait que de quelques brindilles sommairement posées entre deux branches. La tourterelle turque ne peut d’ailleurs y couver que deux œufs. Nous ne savons pas s’il s’agit toujours du même couple mais cette année encore les tourterelle turques ont choisi le vieux noisetier pour réaliser leur nid. Une autre nichée a eu lieu dans le pommier mais avec moins de réussite, Gilbert étant passé par là.

La parade nuptiale est assez bruyante. tourterelle bébéOn peut voir nos deux tourtereaux faire des bonds en se claquant les ailes puis venir se poser sur une branche et se faire….des câlins. On a vraiment l’impression qu’ils se font des bisous. Quoi qu’il en soit, ils semblent aimer ça puisqu’ils remettent le couvert plusieurs fois par an.

dossier tourterellesous titre troglo

Après avoir fureté dans tous les recoins du jardin, Monsieur Troglo a jeté son dévolu sur notre atelier en bois. Nous avons repéré son manège dès le début du mois de mars, d’abords par intermittence, puis de plus en plus visible. Mais que peut-il bien fabriquer sans cesse ?

troglodyte mignon 5

Dans un premier temps, on se demandait s’il ne venait pas chercher quelque nourriture à bon compte. Un sac de granulé pour poissons rouges étant resté ouvert (c’est une vraie cochonnerie à refermer ces machins là), il est aisé pour ce petit volatile de se glisser dedans. Pour en avoir le cœur net, nous avons placé notre vieux caméscope juste devant le fameux sac. Après plusieurs allées et venues visibles depuis la maison, il est temps de regarder la vidéo. Rien. Diantre ! Mais qu’est-ce qu’il fabrique ?

Notre fiston remarque un détail. Le troglodyte mignon entre en passant sous la porte et ressort par la sous toiture. Nous décidons de retenter l’expérience du caméscope mais cette fois nous la plaçons au ras du sol devant la porte. troglo avec brindilleA peine quelques minutes plus tard, le manège recommence. Après analyse de la vidéo, la preuve est faite. Bingo, notre ami troglo transporte une brindille : il construit un nid.

D’après l’excellent forum « Nos ptis copains à plumes« , le troglodyte mignon peut construire jusqu’à sept nids à des endroits différents. Pourquoi ? Tout simplement parce que Madame troglo est très exigeante. Il fera le tour de tous les nids construits et choisira celui qui lui sied le mieux. Étant donné la fréquence des allers-retours de notre petit copain à plumes, il y a tout de même de fortes probabilités que l’atelier procure un abri idéal. La progéniture sera au sec et hormis quelques bipèdes, elle ne sera pas dérangée par des intrus ou des prédateurs. Il ne nous reste plus qu’à localiser avec précision le nid sans pour autant trop déranger notre petit bâtisseur.

Fin mars 2016. Un troglodyte mignon est repéré dans les thuyas à l’opposé de notre atelier alors qu’il n’y a plus aucune allée et venue dans celui-ci. nid dans le tiroir de lavandeDe la lavande coupée et entreposée dans un tiroir resté entrouvert attire notre attention. Quelques brins sont tombés à terre. Le nid serait-il là ? On l’ouvre tout doucement. Déception. Il y a bien la trace d’une ébauche de commencement de début d’amorce d’embryon de nid mais cela ne ressemble pas à un vrai nid de troglodyte. La forte odeur de la lavande l’a peut-être gêné. Non, ce n’est pas ici que Madame troglo posera ces œufs. C’est sûr, elle exigera beaucoup plus de son compagnon.

Cet oiseau n’a pas pu passer autant de temps dans l’atelier pour ne laisser que cette toute petite trace. C’est sûr ! Il doit y avoir un « vrai » nid dans le coin. Nous avons vu Monsieur Troglo entrer avec des brindilles. Reprise des investigations. En lisant les forums et blogs sur cet oiseau, nous apprenons qu’il affectionne les endroits difficiles d’accès, entre deux pierres, dans un recoin de charpente, sous un établi. Sous un établi ? Le voilà ! L’affaire est dans le seau. En effet, comme chaque année, nous entreposons un seau de cendre de cheminée recouvert d’un « couvercle » sous cet établi. Ces cendres nous servent au printemps pour acidifier la pelouse et donc éliminer les mousses naturellement. Nous en versons également aux pieds des hostas pour éloigner les gastéropodes. Petit conseil pratique : Enlevez les clous ou autres agrafes présents dans les cendres et mettez-les dans une poubelle. Ne faites pas comme un gros dégénéré qui balance ses cendres dans le ruisseau. Rappelez-vous.

nid dans un seau de cendresEn soulevant méticuleusement le couvercle, nous découvrons enfin un nid. Il est fait de mousses, de brindilles et d’écorces d’arbres. Il semble tout de même assez sommaire alors que nos correspondants blogueurs nous vantent la qualité de la prestation du troglodyte mignon. Nous le remettons en place et alors que M Troglo semble à nouveau s’intéresser à notre atelier, nous plaçons notre caméscope en face du seau. Après plusieurs heures d’intense activité, il est temps de visionner la longue, très longue vidéo. Rien. Nada. Que dal. Immense déception. Le fait d’avoir déplacé le seau a certainement inquiété notre petit ami.

En y repensant, nous avons vu M Troglo avec ce qui ressemble à du duvet dans le bec. Or, il n’y en a pas dans le nid découvert dans le seau. De plus, il revient visiter notre atelier. Décidés d’enfin localiser le nid, nous replaçons le caméscope mais avec un plan large cette fois. Là ! construction du nidDans l’arrondi des mâchoires des serre-joints accrochés à la charpente. Il suffisait de lever les yeux. Les brindilles et herbes séchées épousent le creux de l’anse. Le goupillon en ficelle agricole qui doit servir pour un filtre à bassin est pris dans le tressage méticuleux du nid de Monsieur Troglo. Après de nombreuses heures d’amélioration de la couche, le troglodyte mignon se met à chanter à tue-tête sur le toit de l’atelier. Après plusieurs jours de sérénade, Madame Troglo commence son inspection générale avant de prendre ses quartiers définitivement dans le nid construit dans l’atelier. Après 15 jours à couver, nous apercevons enfin le premier oisillon vite suivi de quatre autres. bébés troglodytesEncore quinze autres jours à faire des allers et retours avec des insectes et des chenilles et nos petits compagnons finissent par quitter le nid vers le début du mois de juin. Pour la petite histoire, nous sommes mis aout et notre petite famille chasse encore ensemble dans le fond du jardin.

nettoyage du nid une petite chenille

sous titre prédateursLa vie des oisillons n’est pas un long fleuve tranquille. Les prédateurs guettent et ils sont nombreux. Il y a en premier lieu des prédateurs qui chassent pour …. le plaisir. Il s’agit bien entendu de nos amis les chats domestiques.gilbert à l'affut Comme vous pouvez le voir en cliquant sur la photo ci-contre, nous avons nos petits habitués comme Gilbert qui embête les troglodytes et les grives, Lucette qui s’en est pris au nid de tourterelles ainsi que d’autres matous plus ou moins farouches. Gilbert semble être le plus hardi et nous l’avons déjà vu perché à plus de 10m de hauteur.

D’autres prédateurs rodent également près des nids et de leurs oisillons. Le héron cendré, le putois, la fouine, la crécerelle ou le cormoran peuvent s’en prendre sans vergogne à la progéniture de nos protégés. Si vous assistez à l’attaque d’un nid par un animal sauvage, surtout…..ne faites rien. Et oui, aimer les animaux, c’est laisser faire la nature. N’intervenez que si un prédateur s’en prend à un animal domestique. Il y a également un autre oiseau qui, à sa manière, peut devenir un destructeur de nid. C’est le coucou, qui en pondant son œuf dans un nid hôte, supprime une portée complète du couple d’oiseau qui pourtant prendra soin du bébé coucou.

coucou

Vous aussi posez des nichoirs dans votre jardin en participant ainsi à la sauvegarde de la biodiversité et vous pourrez certainement voir les scènes suivantes. Cliquez sur l’image pour voir la vidéo complète.

ambleteuse nature youtube logo

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